Dans la guerre menée par la Russie en Ukraine, les principaux moyens d’agression sont une atmosphère de danger permanent et la mise en place de conditions incompatibles avec une vie normale.

Pourquoi les dirigeants de la fédération de Russie mènent-ils une politique visant à instaurer un climat de danger permanent, de violence et de peur au sein de la population civile ukrainienne ? Nous publions ici le rapport de Mikhaïlo Romanov, titulaire d'un doctorat en droit, présenté lors de la XXVe Conférence Aleksanteri à Helsinki.
Mikhaïlo Romanov 31 Octobre 2026UA FR RU

Destruction d’une partie d’un immeuble de plusieurs étages dans le quartier Kyivsky à Kharkiv, le 23 janvier 2024. Photo : Police nationale ukrainienne.

Dans le cadre de ma participation à de nombreuses études analytiques, mais également de l’aide juridique que j’apporte à des victimes de crimes de guerre, je constate que la Russie déploie ses efforts sur deux axes. Le premier relève de la politique étrangère, et le second, qui pourrait être qualifié d’ « axe coercitif », se traduit, de la part de l’État agresseur, par une pression intense exercée sur la population civile ukrainienne.

Sur la scène internationale, la fédération de Russie ne cesse de faire monter les enchères, cherchant à faire pression sur les pays occidentaux et à tester les limites de leur tolérance. On observe notamment une volonté manifeste de la Russie de « légaliser » ses agissements en négociant sans relâche des concessions et en invoquant la perspective de vastes pourparlers en vue d’un accord de paix. Si cette stratégie aboutissait, elle transformerait, dans les faits, la Russie, cet État agresseur ayant violé la Charte des Nations unies, la paix et la sécurité internationales, la souveraineté de l’Ukraine, ainsi que de nombreuses normes du droit international humanitaire et pénal, en un pays qui « défendrait » son droit à tirer certains avantages de la guerre. La guerre elle-même se trouve alors requalifiée en un conflit ou un différend qu’il aurait été impossible de résoudre autrement. Elle acquiert ainsi une forme de « justification » : les crimes commis deviennent une des modalités de l’affrontement, tandis que les pertes humaines et les dommages subis par l’Ukraine apparaissent comme le prix, soit-disant juste, que doit payer la partie « dans son tort ».

Dans ce contexte de politique étrangère, la fédération de Russie mène à l’égard de la population civile ukrainienne une politique de nature pleinement criminelle qui se traduit par des violences systématiques et à grande échelle : meurtres, tortures, disparitions forcées. À cette liste s’ajoute désormais une campagne de terreur de masse prolongée, exercée ouvertement contre les civils, sans la moindre tentative de dissimulation. Les zones résidentielles sont la cible de tirs d’artillerie et de frappes de missiles. Les installations énergétiques, les infrastructures municipales et les infrastructures critiques sont devenues des cibles permanentes. Ce qui relevait autrefois de l’imprévu ou de l’exception est désormais devenu la norme. Les évocations d’un hiver difficile pour la population civile ukrainienne font désormais partie du quotidien. Et c’est précisément là-dessus que mise la fédération de Russie.

C’est précisément ce point qui nous intéresse, les actions dont sont victimes des citoyens ukrainiens pacifiques, des non-combattants. En quoi consiste cette politique et quel est son objectif ?

Les deux axes poursuivent un objectif commun : exercer une pression sur les acteurs qui influencent la prise de décisions politiques cruciales. Dans ce contexte, la population civile devient dans tous les cas une monnaie d’échange, un élément que l’on peut sacrifier pour atteindre ses objectifs. Plus encore, elle peut devenir un instrument grâce auquel l’État agresseur exerce une pression sur les dirigeants politiques ukrainiens.

Si, du côté ukrainien, ces agissements (je fais ici référence au sacrifice de sa propre population civile) peuvent encore être, dans une certaine mesure, justifiés par la nécessité de préserver l’État et sa souveraineté, ainsi que par l’implication des citoyens dans l’accomplissement de leurs devoirs constitutionnels, rien ne saurait les justifier de la part de la Russie ou de tout autre État.

Nous affirmons qu’une telle approche est inacceptable. Nous sommes convaincus que l’être humain doit demeurer la priorité absolue. De manière générale, toute action dans la sphère politique, y compris dans le cadre d’un conflit, doit viser à instaurer des conditions sûres et dignes pour l’existence et la vie humaine. Au sein d’une société humaine, il ne saurait y avoir d’autre finalité. Tout objectif autre perd sa valeur, devient marginal et se vide de tout sens au regard de la vie humaine.

Apparemment, les dirigeants de la fédération de Russie voient les choses autrement. C’est précisément pour cette raison qu’ils mènent une politique visant à créer un climat de danger, de violence et de peur généralisés. C’est pourquoi des entités liées à la fédération de Russie agissent sur tous les fronts, terrorisant la population civile par des bombardements indiscriminés visant des infrastructures et des installations civiles, des quartiers résidentiels ainsi que des équipements essentiels à la vie. Dans ce même but, la Russie menace et bombarde les infrastructures énergétiques ukrainiennes, intensifiant ces attaques durant la période hivernale.

Cette stratégie fait peser un danger et une menace constants sur la vie des habitants durant la saison froide. C’est en effet précisément à cette période que la Russie a coutume d’intensifier ses frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, accentuant ainsi la pression sur la population civile dans l’espoir que cela influence les dirigeants du pays et les contraigne à capituler.

Conséquences des bombardements de la centrale thermique n° 3 de Kharkiv, les 4 et 7 août 2022. Photo : Conseil municipal de Kharkiv.

À l’heure actuelle, les analystes estiment que la situation sur le champ de bataille au cours de l’année 2026 pourrait avoir influencé les plans de la Russie. L’ISW souligne que les succès de l’Ukraine sur le front obligent les dirigeants russes à recourir à d’autres moyens de pression sur le pays. Étant donné que l’avancée des troupes russes sur la ligne de front s’est arrêtée et que, dans certains secteurs, les Ukrainiens reprennent des territoires précédemment occupés, Moscou mise sur des frappes à l’intérieur du territoire ukrainien durant l’hiver 2026-2027. « Cette campagne de frappes vise à rendre la vie de la population civile ukrainienne insupportable et à contraindre l’Ukraine à capituler face aux exigences de la Russie », indique le rapport de l’ISW.

Selon l’ISW, Moscou pourrait, cette fois-ci, entamer cette campagne plus tôt. Les forces russes pourraient tenter de frapper le réseau électrique, déjà endommagé, avant que l’Ukraine ne soit en mesure de renforcer sa défense contre de nouveaux missiles balistiques et drones à réaction russes.

La pression exercée sur la population civile, ainsi que les tentatives visant à l’anéantir, se manifestent également par les tirs des forces russes contre des trains, des autobus de ligne et d’autres éléments de l’infrastructure logistique ukrainienne. C’est précisément dans ces lieux que se rassemblent les civils, et par conséquent, les frappes qui les visent ne se contentent pas d’endommager les infrastructures de transport et la logistique civile, elles tuent également des personnes, rendant les déplacements sur le territoire ukrainien de plus en plus dangereux.

La gare de Chostka, détruite le 30 mai 2025. Photo : « Ukrzaliznytsia ».

Ce chiffre est supérieur au total cumulé des années 2023 et 2024, a indiqué Oleh Iakovenko, directeur du département de la stratégie et de la transformation de la société Ukrzaliznytsia. À titre de comparaison, entre janvier et juin 2026, la fédération de Russie a mené plus de 1 000 frappes contre les installations de l’entreprise, soit deux fois plus que l’année précédente.

C’est dans le même but que la fédération de Russie utilise des drones FPV à courte portée, dotés d’une grande précision grâce à leur pilotage par un opérateur humain, pour cibler des civils et des infrastructures civiles, notamment des magasins, des centres commerciaux, des véhicules et d’autres objectifs.

Selon les données du Bureau du procureur général, depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, plus de 16 000 procédures pénales ont été ouvertes suite à des attaques de drones à courte portée contre des civils. C’est dans les régions de Kherson, de Donetsk, de Dnipropetrovsk et de Soumy que le plus grand nombre de ces crimes a été recensé. Ces attaques ont fait près de 7 000 victimes, dont 179 enfants, et parmi elles, 967 personnes ont trouvé la mort, dont 10 enfants.

Alors que 187 délits de ce type avaient été recensés en 2022–2023, leur nombre a été multiplié par 14 en 2024 pour atteindre 2 685, avant de presque tripler à nouveau en 2025, s’élevant à 7 787 ! Il ne s’agit ni d’un hasard ni d’un « effet secondaire » des opérations militaires. « Il s’agit d’une tactique choisie par les criminels russes, qu’ils continuent d’employer. Depuis le début de l’année 2026, 2 614 crimes de ce type ont déjà été recensés », a déclaré en août dernier Rouslan Kravtchenko, qui occupait alors le poste de procureur général d’Ukraine. En réalité, il s’agit d’une véritable chasse aux civils par les militaires russes, menée à l’aide de drones FPV.

Dans les territoires occupés, la fédération de Russie recourt à des tactiques d’intimidation, de coercition et de violence à l’encontre des personnes placées sous son contrôle absolu. Les habitants sont maintenus dans un état de tension permanente et contraints d’adopter la citoyenneté russe : ceux qui refusent le passeport russe se voient de fait privés de la possibilité de vivre dans ces territoires occupés. Les gens sont constamment menacés d’arrestation en raison de leurs opinions pro-ukrainiennes ou leur refus de soutenir la guerre, et les hommes, quant à eux, risquent d’être mobilisés au sein des forces armées de la Fédération de Russie.

Les cas de disparitions forcées, de privations illégales de liberté, de détentions, de tortures et de meurtres sont largement documentés, tout comme les déportations et les transferts de civils vers le territoire de la fédération de Russie.

S’il est extrêmement difficile d’établir des statistiques sur ces crimes dans les territoires occupés, un travail de recensement est néanmoins mené. Des données disponibles font état de 5 140 civils portés disparus, 1 170 cas de torture, 70 cas de transfert forcé vers la Russie, 66 cas de mobilisation forcée, ainsi que d’autres types de crimes. Nous sommes convaincus que le nombre réel de ces exactions est bien plus élevé, mais les informations les concernant ne sont pas encore accessibles.

C’est la même tactique qui s’applique aux militaires ukrainiens qui s’acquittent de leur devoir constitutionnel de défense de l’Ukraine. En cas de capture, ils acquièrent automatiquement le statut spécifique de prisonniers de guerre et sont protégés par le droit international humanitaire, toutefois, la fédération de Russie les maintient au secret, sans aucun contact avec le monde extérieur, et dissimule souvent le fait même de leur détention et de leur placement sous contrôle russe. En outre, l’État agresseur a recours à des poursuites judiciaires illégales à l’encontre de ces militaires, les condamnant à de lourdes peines d’emprisonnement sur la base d’accusations fallacieuses et de dossiers fabriqués de toutes pièces.

L’ensemble de ces éléments témoigne de l’existence d’une stratégie unifiée à l’égard de l’Ukraine et des Ukrainiens. Ces derniers sont tous perçus comme des cibles sur lesquelles il est possible d’exercer des pressions et des influences, au moyen d’un ensemble de méthodes et de mesures adaptées aux circonstances du moment. Toutefois, l’objectif principal de ces mesures demeure inchangé, quel que soit le statut des citoyens ukrainiens : civils, de militaires ou autres catégories. Cette pression vise à instaurer un climat de peur et de danger, où toute possibilité de se mettre à l’abri ou d’obtenir une protection est exclue, et où la vie humaine est dévalorisée.

Il convient de noter que cette stratégie d’intimidation, visant à créer une atmosphère de danger omniprésent, est bien connue dans les milieux scientifiques et a été analysée par des chercheurs devenus des références incontournables en la matière. Selon un principe bien connu, la cruauté délibérée et l’intimidation des populations civiles ne relèvent nullement de l’irrationnel. Un tel comportement, de la part d’acteurs politiques, relève d’une stratégie militaire et politique délibérée.

Alex Schmid (1988) a défini la terreur exercée contre les populations civiles comme une stratégie de communication. Dans ce cadre, la victime n’est qu’un instrument, tandis que l’objectif principal vise les survivants. C’est sur eux que se concentre l’impact, dans le but de produire un effet psychologique. Le dessein de ces actions est de susciter, au sein de la population civile, un sentiment de vulnérabilité totale, afin de la pousser à faire pression sur son propre gouvernement pour obtenir des concessions et mettre fin à la guerre.

Le chercheur exprime cette idée en ces termes : « Le terrorisme ne saurait être compris uniquement en termes de violence : il doit être envisagé comme une combinaison de violence et de propagande. L’objectif principal d’un acte terroriste n’est pas l’élimination physique de la victime immédiate, mais la transmission d’un message visant à effrayer un autre public, dans le but de modifier son comportement ».

C’est cette même idée que développe Martha Crenshaw dans son ouvrage intitulé The Logic of Terrorism : Terrorist Behavior as a Product of Strategic Choice. Elle explique que le recours à la terreur contre la population civile survient lorsque l’un État, engagé dans un conflit, prend conscience de son incapacité à vaincre l’armée adverse par des moyens militaires, dans le cadre de ce qu’on appelle un conflit asymétrique. Dans ce cas, l’intimidation de la population devient le moyen le moins coûteux et le plus efficace d’infliger des dommages considérables à l’adversaire.

Par ailleurs, les théoriciens des conflits armés et des méthodes terroristes soulignent que de telles approches témoignent, le plus souvent, du désespoir de l’une des parties au conflit. En recourant à ce type de tactique, celle-ci augmente généralement ses propres risques de défaite.

Dans son ouvrage intitulé Bombing to Win : Air Power and Coercion in War, Robert Pape distingue deux stratégies mises en œuvre par les parties au conflit à l’encontre de la population civile : la « stratégie du déni » (Denial) et la « stratégie de punition » (Punishment). En Ukraine, nous assistons précisément à la mise en œuvre d’une stratégie de punition, visant à intensifier au maximum les souffrances des civils. La logique de cette stratégie repose sur l’hypothèse selon laquelle, en détruisant les infrastructures essentielles (chauffage, approvisionnement en eau, éclairage, etc.) ainsi que les logements des civils, la société finira par faire pression sur son propre gouvernement pour exiger la fin de la guerre, voire par le renverser.

C’est précisément ce à quoi nous assistons actuellement en Ukraine. Il s’agit de tentatives visant à déstabiliser l’ordre social interne du pays, auxquelles s’ajoute une pression exercée par les États-Unis, sous l’impulsion de la fédération de Russie, exigeant l’arrêt des frappes ukrainiennes sur le territoire russe et la tenue d’élections présidentielles en Ukraine.

Toutefois, la bonne nouvelle est que Robert Pape, en s’appuyant sur une vaste analyse historique, démontre qu’une telle stratégie ne fonctionne presque jamais. Loin de provoquer une capitulation, la terreur conduit au contraire à une cohésion de la société face à un ennemi commun.

La professeure Virginia Page Fortna parvient à la même conclusion dans son ouvrage intitulé Do Terrorists Win ? Rebels’ Use of Terrorism and Civil War Outcomes. À l’aide de modélisations mathématiques et de bases de données sur les conflits, elle démontre que le recours à la terreur contre les populations civiles constitue une stratégie particulièrement fragile pour atteindre des objectifs politiques à long terme. Les organisations qui choisissent délibérément la voie de la terreur perdent leurs guerres bien plus souvent que celles qui limitent leurs attaques aux seuls combattants.

Pour revenir à ma thèse selon laquelle toute activité politique devrait viser à instaurer des conditions de vie sûres pour l’être humain, on peut considérer que la politique agressive et destructrice de la fédération de Russie s’inscrit également dans ce contexte, mais avec un « préfixe » opposé, négatif. Et c’est effectivement le cas. Toutefois, si l’on analyse la situation sous l’angle de l’homéostasie sociale, il apparaît clairement que la stratégie adoptée par la Russie est erronée et mène inévitablement à la défaite. Même en écartant l’hypothèse selon laquelle le système tendrait vers l’équilibre, force est de constater que le maintien d’un niveau de tension aussi élevé, engendré par la violence, constitue une impasse. L’histoire le confirme de manière convaincante : toute action anti-humaine finit, à terme, par provoquer la chute des dictateurs agressifs.

Dans le cadre de ma recherche, cette digression théorique est nécessaire avant tout pour montrer que les actions actuelles de la Russie s’inscrivent très clairement dans une politique systématique de terreur à l’encontre de la population civile ukrainienne. Ce faisant, la Russie a élargi le champ de ses actes terroristes en incluant les combattants parmi ses victimes : elle viole, de manière régulière et systématique, le droit international humanitaire à l’égard des prisonniers de guerre ukrainiens. Ainsi, la Russie cherche non seulement à élargir le cercle des personnes visées par ses actions, mais aussi à priver totalement de légitimité les efforts des Ukrainiens pour défendre leur propre État. La fédération de Russie tente de faire valoir qu’il n’y a rien à défendre. Elle prétend que ceux qui se battent pour l’Ukraine ne sont ni des militaires, ni des défenseurs, mais des criminels. Il s’agit donc, en réalité, d’une négation de la souveraineté de l’Ukraine en tant qu’État. Plus encore : il ne s’agit pas seulement de la souveraineté d’un État particulier, mais également des fondements mêmes de l’ordre mondial et de la sécurité. Car si un pays doté de ses propres frontières, reconnu par tous les autres États, peut être anéanti par un autre pays et sa population massacrée, cela porte atteinte aux fondements mêmes de la coexistence pacifique et de la vie en société.

Ces deux types d’agissements criminels commis par la fédération de Russie sont les plus brutaux et les plus flagrants.

La fédération de Russie nie de fait l’existence même d’une population civile ukrainienne. Par ses agissements nihilistes, elle affirme donc que la vie humaine n’a aucune valeur dès lors qu’un pays influent, doté d’un important potentiel militaire, décide de revoir sa politique étrangère et ses sources de profits, de renforcer ses positions politiques dans la région ou, ce qui n’est pas à exclure, de résoudre ses problèmes internes.

La tolérance dont fait preuve la communauté internationale face à un tel comportement crée un dangereux précédent, aux conséquences lourdes pour les domaines les plus divers de la vie humaine, et ne favorise en rien une coexistence pacifique.

Mikhaïlo Romanov est juriste au sein du Groupe de défense des droits humains de Kharkiv (GDHK), titulaire d’un doctorat en droit et chercheur principal au département d’études des questions du droit pénal au sein de l’Institut V. V. Stashis de recherche sur la criminalité.

Partager l'article



The publication is created in the framework of the project “Documenting and analysing international crimes committed by the Russia’s armed forces after 24.02.2022, helping victims of these crimes and informing on crimes”, funded by the European Union. Views and opinions expressed are those of the author(s) only and do not necessarily reflect those of the European Union. Neither the European Union nor the contracting authority can be held responsible for them.